Pistolet de distribution de carburant dans une station-service

Aide carburant de 100 euros : le guichet ferme le 31 août, comment l’obtenir

Le compte à rebours est lancé. Les automobilistes modestes qui utilisent leur voiture, leur scooter ou leur trois-roues pour aller travailler ont jusqu’au lundi 31 août 2026 pour réclamer l’indemnité carburant de 100 euros mise en place par le gouvernement face à la flambée des prix à la pompe. Passé cette date, le guichet ouvert sur impots.gouv.fr se refermera. Or, à fin mai, seuls 439 339 dossiers avaient été déposés, alors que Bercy estime à près de trois millions le nombre de travailleurs potentiellement concernés. Autrement dit, des centaines de milliers de personnes éligibles risquent de laisser filer un versement auquel elles ont droit, pour une démarche qui prend moins de dix minutes.

100 €montant forfaitaire par véhicule
31 aoûtdate limite de dépôt du dossier
16 880 €revenu fiscal de référence par part à ne pas dépasser

Un mois de sursis accordé par un arrêté publié le 8 août

Le dispositif repose sur le décret n° 2026-333 du 30 avril 2026, complété par un décret modificatif du 28 mai. Le calendrier de dépôt, lui, a été fixé par un arrêté du 28 mai, puis modifié cet été. Un nouvel arrêté daté du 31 juillet 2026, signé par le ministre de l’Économie Roland Lescure et le ministre de l’Action et des Comptes publics David Amiel, a été publié au Journal officiel du 8 août. Il reporte purement et simplement la date limite de dépôt des demandes au 31 août 2026.

Une nuance mérite d’être signalée, parce qu’elle a semé la confusion dans plusieurs comptes rendus. Le texte de l’arrêté remplace la mention « 30 juillet 2026 » par « 31 août 2026 », tandis que la page officielle du ministère de l’Économie évoque un guichet « qui devait fermer au 31 juillet ». La différence porte sur un jour et ne change rien pour les demandeurs : ce qui compte désormais, c’est la nouvelle échéance du 31 août. Les critères d’attribution et le montant, eux, n’ont pas bougé d’un centime.

Ce report n’a rien d’anodin : le nombre de demandes déposées restait très en deçà de la cible annoncée au printemps. Prolonger le guichet d’un mois était le moyen le plus direct de rattraper une partie du retard, auprès notamment des ménages partis en congés au moment précis où le premier guichet devait se refermer.

Automobiliste faisant le plein de sa voiture rouge en station-service
Le guichet de demande, ouvert depuis le 27 mai 2026, ferme le 31 aout. Photo : Julia Avamotive / Pexels

Pourquoi cette aide existe : le litre a franchi les 2 euros

L’indemnité carburant n’est pas un dispositif pérenne : c’est une réponse d’urgence à une crise énergétique. Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait annoncé le 21 avril 2026 un soutien ciblé aux particuliers, en parallèle de mesures destinées aux secteurs professionnels les plus exposés, dans un contexte de tensions au Moyen-Orient et de hausse brutale des cours du brut.

Quatre mois plus tard, la pression ne retombe pas. Les relevés du vendredi 21 août 2026 placent le gazole autour de 2,24 euros le litre en moyenne nationale, le SP95-E10 à 2,02 euros et le SP98-E5 à 2,11 euros. Le superéthanol E85, lui, reste très en dessous, à environ 0,87 euro. Ces moyennes évoluent chaque jour et diffèrent selon les enseignes et les régions : le tableau ci-dessous doit donc se lire comme une photographie datée, pas comme une référence figée.

Carburant Prix moyen relevé le 21/08/2026 Coût d’un plein de 50 litres
Gazole environ 2,24 €/L environ 112 €
SP95-E10 environ 2,02 €/L environ 101 €
SP98-E5 environ 2,11 €/L environ 105 €
Superéthanol E85 environ 0,87 €/L environ 43 €

Rapportés à ces niveaux, les 100 euros de l’indemnité représentent l’équivalent d’un plein de gazole, ou d’un peu moins d’un litre de carburant par jour ouvré sur un semestre. Bercy présente d’ailleurs l’aide sous cet angle : un forfait calibré pour compenser environ 20 centimes par litre sur la consommation moyenne de six mois.

Pour compenser la hausse des prix à la pompe pour près de trois millions de travailleurs modestes utilisant un véhicule personnel à des fins professionnelles, le Gouvernement a institué une indemnité carburant de 100 euros, équivalente à 20 centimes d’euros par litre pour la consommation moyenne de carburants de six mois.

Ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique

Les cinq conditions à remplir, sans exception

L’aide n’est pas universelle. Le décret pose cinq familles de conditions qui doivent être réunies cumulativement. Un seul critère manquant, et la demande est rejetée. Voici ce que dit le texte, dans l’ordre où le simulateur les vérifie.

Résidence et âge

Il faut être domicilié fiscalement en France et avoir au moins seize ans au 31 décembre 2024. La date de référence est bien 2024, et non 2025 ou 2026, parce que tout le dispositif s’appuie sur la déclaration de revenus de l’année 2024.

Activité professionnelle

Le demandeur doit avoir déclaré, au titre des revenus 2024, un revenu d’activité relevant des traitements et salaires (le chômage et la préretraite sont explicitement exclus), des bénéfices industriels et commerciaux, des bénéfices non commerciaux ou des bénéfices agricoles. Salariés comme indépendants sont donc concernés. Un retraité qui roule beaucoup, en revanche, n’entre pas dans le champ du dispositif.

Ressources

Le foyer fiscal doit afficher un revenu fiscal de référence par part inférieur ou égal à 16 880 euros au titre de 2024. Le ministère traduit ce plafond en équivalents de salaire mensuel net, ce qui parle davantage au quotidien.

Composition du foyer Salaire brut mensuel indicatif Salaire net mensuel indicatif
Personne seule 1 906 € 1 508 €
Couple avec un enfant 4 764 € 3 771 €
Couple avec deux enfants 5 717 € 4 525 €

Bercy précise que les salariés rémunérés au SMIC en 2024 sont bien éligibles. Pour mémoire, le SMIC mensuel brut s’élevait à 1 766,92 euros du 1er janvier au 30 octobre 2024, puis à 1 801,80 euros à compter du 1er novembre 2024. Une exclusion demeure : les contribuables redevables de l’impôt sur la fortune immobilière au titre de 2024 ne peuvent pas prétendre à l’indemnité, quel que soit leur revenu fiscal de référence.

Usage du véhicule et nature du véhicule

Les deux dernières conditions portent sur le véhicule lui-même : il doit être utilisé à des fins professionnelles, trajets domicile-travail compris, relever d’une motorisation thermique ou hybride non rechargeable et être régulièrement assuré à la date de la demande. Ces deux critères, les plus discriminants du dispositif, sont détaillés dans les sections qui suivent.

Voiture roulant sur une route de campagne sinueuse
Plus de 15 kilometres par trajet domicile-travail, ou plus de 8 000 kilometres par an : un seul des deux seuils suffit. Photo : Erik Schereder / Pexels

Le critère du « grand rouleur », celui qui bloque le plus

C’est le cœur du dispositif, et paradoxalement la condition la plus souvent mal comprise. L’administration retient deux portes d’entrée alternatives, et il suffit d’en franchir une seule :

Critère retenu Seuil Profil type concerné
Distance domicile-travail plus de 15 km par trajet, soit plus de 30 km aller-retour Salarié périurbain ou rural travaillant hors de sa commune
Kilométrage annuel professionnel plus de 8 000 km par an Artisan, commercial, infirmière libérale, aide à domicile

Beaucoup de personnes renoncent en pensant que les deux seuils doivent être atteints simultanément. Ce n’est pas le cas. Un salarié qui habite à 18 kilomètres de son lieu de travail remplit la condition, même s’il totalise moins de 8 000 kilomètres annuels. À l’inverse, un professionnel qui multiplie les déplacements courts mais dépasse les 8 000 kilomètres dans l’année est éligible, même si son trajet domicile-travail est de trois kilomètres.

Point important : ce critère repose sur une déclaration sur l’honneur du demandeur. L’administration ne demande aucun justificatif au moment du dépôt, mais elle se réserve le droit de contrôler a posteriori. Il faut donc être en mesure de démontrer la réalité des kilomètres déclarés, par exemple avec un contrat de travail mentionnant le lieu d’exercice, des relevés de carte grise ou des factures d’entretien datées.

À retenir avant de renoncer

Trois idées reçues font passer à côté de l’aide. Non, il ne faut pas cumuler les deux seuils kilométriques : un seul suffit. Non, l’aide n’est pas réservée aux salariés : les indépendants, artisans et agriculteurs y ont accès. Non, un deux-roues n’est pas exclu : un scooter thermique assuré et utilisé pour le travail ouvre droit au même forfait de 100 euros qu’une voiture.

Quels véhicules ouvrent droit à l’aide, lesquels en sont exclus

Le véhicule doit être un véhicule terrestre à moteur à deux, trois ou quatre roues, à motorisation thermique ou hybride non rechargeable, utilisé à des fins professionnelles et régulièrement assuré à la date de la demande. L’administration croise les informations déclarées avec le fichier des véhicules assurés, ce qui rend inutile toute approximation sur ce point.

Véhicules éligibles Véhicules exclus
Voitures essence, diesel, GPL Véhicules électriques et à hydrogène
Hybrides non rechargeables Hybrides rechargeables
Motos et scooters thermiques Quadricycles lourds à moteur
Trois-roues thermiques Poids lourds et véhicules agricoles
Véhicule personnel du demandeur Véhicules de fonction ou de service pris en charge par l’employeur

La logique de ces exclusions tient en une phrase : l’indemnité vise la dépense de carburant fossile supportée personnellement. Autre règle à connaître, l’aide ne peut être accordée qu’une seule fois pour un même véhicule. Deux conjoints qui partagent la même voiture ne peuvent donc pas déposer deux demandes pour ce véhicule, mais un couple disposant de deux véhicules distincts et remplissant chacun les conditions peut, lui, déposer deux dossiers.

La démarche pas à pas sur impots.gouv.fr

Tout se joue en ligne, sans formulaire papier ni pièce jointe à téléverser, en deux temps.

Première étape, la vérification d’éligibilité. Il faut se rendre sur le simulateur dédié d’impots.gouv.fr et répondre à une courte série de questions portant sur la situation professionnelle, les revenus et l’usage du véhicule. Si les conditions sont remplies, un lien d’accès au formulaire de demande s’affiche automatiquement à l’issue du questionnaire.

Seconde étape, le dépôt de la demande depuis l’espace personnel. Quatre informations sont nécessaires : l’état civil, le numéro fiscal (celui qui figure sur l’avis d’imposition et sur l’espace particulier), le numéro d’immatriculation du véhicule utilisé et le numéro de la carte grise. Le demandeur certifie enfin sur l’honneur qu’il remplit les conditions de distance parcourue. Il est prudent d’avoir sa carte grise sous les yeux : le numéro demandé n’est pas la plaque d’immatriculation mais l’identifiant du certificat, indiqué en haut à droite du document.

Besoin d’aide pour la démarche ?

En cas de blocage, plusieurs canaux existent : la messagerie sécurisée de l’espace particulier sur impots.gouv.fr, le numéro national 0 806 000 229 (service gratuit plus coût de l’appel), ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 19 h, et les conseillers des espaces France Services, présents dans la plupart des intercommunalités. Une foire aux questions détaillée est également publiée en PDF sur le site des impôts.

Quand et comment l’argent arrive

Le versement est intégral et unique : pas d’échelonnement, pas de crédit d’impôt à attendre l’année suivante. Les 100 euros sont virés directement sur le compte bancaire déjà connu de l’administration fiscale, celui communiqué dans le cadre de l’impôt sur le revenu. Le délai annoncé est d’environ dix jours après la validation de la demande.

Conséquence pratique pour les retardataires : une demande déposée le 31 août devrait donner lieu à un virement autour de la deuxième semaine de septembre. Ceux dont les coordonnées bancaires ont changé récemment ont tout intérêt à les mettre à jour dans leur espace particulier avant de valider le formulaire, sous peine de voir le virement rejeté et le traitement s’allonger.

Contrôles, justificatifs et sanctions en cas d’abus

La simplicité du dépôt a une contrepartie : le contrôle se fait après coup, et il peut intervenir tard. Le bénéficiaire est tenu de conserver pendant cinq ans les justificatifs permettant d’établir son éligibilité. L’administration dispose du même délai de cinq ans à compter du versement pour réclamer tout document utile, le bénéficiaire disposant alors d’un mois pour répondre.

En cas de versement indu, les sommes sont récupérées. Elles peuvent être majorées de 50 % en cas de manquement délibéré et de 100 % en cas de manœuvres frauduleuses.

info.gouv.fr, page officielle du dispositif

Concrètement, une erreur de bonne foi entraîne le remboursement des 100 euros. Une déclaration sciemment inexacte peut porter la note à 150 euros, et une fraude caractérisée à 200 euros, sans préjudice des suites éventuelles.

Jauge de carburant sur le tableau de bord d une voiture
Les 100 euros equivalent a environ 20 centimes par litre sur six mois de consommation moyenne. Photo : Erik Mclean / Pexels

Un taux de recours qui interroge

Le chiffre le plus parlant de ce dossier est celui du recours. Au 31 mai 2026, quatre jours après l’ouverture du guichet, 439 339 demandes avaient été enregistrées. Le gouvernement, lui, table sur près de trois millions de travailleurs modestes éligibles. Même en tenant compte de la montée en charge progressive de juin, juillet et août, l’écart reste considérable.

À vérifier

Le chiffre de 439 339 demandes correspond à un point de situation arrêté au 31 mai 2026, soit quelques jours seulement après l’ouverture du guichet. Aucun bilan consolidé plus récent n’a été publié à la date de rédaction de cet article. Le total actuel est donc mécaniquement plus élevé, mais son niveau exact reste inconnu, de même que le taux de recours définitif. Ces données ne seront connues qu’après la clôture du dispositif.

Ce phénomène de non-recours est documenté de longue date pour les aides sous conditions de ressources. Trois facteurs se conjuguent ici : le caractère déclaratif du critère kilométrique, qui fait craindre un contrôle ; la période estivale, celle où l’attention aux démarches administratives est la plus faible ; et un montant de 100 euros qui peut sembler modeste au regard de l’effort perçu, alors que la démarche prend moins de dix minutes.

Les autres coups de pouce carburant de l’été 2026

L’indemnité « grands rouleurs » n’est qu’une brique d’un ensemble plus large de mesures déployées depuis avril 2026. Certaines s’adressent aux particuliers, d’autres aux professionnels, et plusieurs sont cumulables.

Dispositif Public visé Montant ou avantage
Indemnité carburant « grands rouleurs » Salariés et indépendants modestes 100 € par véhicule, demande avant le 31 août
Prime carburant versée par l’employeur Salariés du privé Plafond d’exonération relevé de 300 à 600 € par an
Indemnité kilométrique de l’aide à domicile Branche associative de l’aide à domicile Revalorisée de 38 à 40 centimes du kilomètre
Prêt flash carburant TPE et PME du transport, de l’agriculture, de la pêche et du BTP De 5 000 à 50 000 €, taux bonifié de 3,8 % sur 36 mois

La mesure la moins connue est sans doute la plus intéressante pour les salariés du privé. Le plafond d’exonération de la prime carburant a été porté de 300 à 600 euros par an et par salarié, sans cotisations sociales ni impôt sur cette fraction, et les conditions restrictives qui la limitaient auparavant, notamment l’obligation de justifier de l’absence de transport en commun, ont été levées. Elle est cumulable avec l’indemnité de 100 euros. Encore faut-il que l’employeur décide de la verser : elle reste facultative, et rien n’interdit d’en faire la demande auprès de son service des ressources humaines.

Vos questions les plus fréquentes

Je suis au chômage et je roule beaucoup, puis-je demander l’aide ?

Non. Les allocations chômage et la préretraite sont expressément exclues de la condition d’activité. Il faut avoir perçu en 2024 un revenu d’activité salariée ou indépendante.

J’ai changé de voiture en 2026, quel véhicule dois-je déclarer ?

Celui que vous utilisez effectivement pour vos trajets professionnels au moment de la demande, et qui doit être régulièrement assuré à cette date. C’est son numéro d’immatriculation et son numéro de carte grise qui sont demandés.

Mon conjoint et moi roulons chacun pour aller travailler, avons-nous droit à 200 euros ?

Si vous utilisez deux véhicules distincts et que chacun de vous remplit personnellement toutes les conditions, deux demandes sont possibles, soit 200 euros au total. En revanche, un même véhicule ne peut ouvrir droit qu’à une seule indemnité.

Que se passe-t-il si je dépose ma demande le 1er septembre ?

Elle ne sera pas recevable. L’arrêté du 31 juillet fixe la clôture au 31 août 2026, et aucune nouvelle prolongation n’a été annoncée à ce jour. Mieux vaut ne pas attendre le dernier jour, les pics de connexion sur impots.gouv.fr étant fréquents en fin de guichet.

L’aide est-elle imposable ?

Non. Il s’agit d’une aide forfaitaire versée par l’État, qui n’a pas à être déclarée comme un revenu.

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