Pistolet de distribution de carburant dans une station-service au coucher du soleil

Pénurie de carburant : 1 800 stations à sec, des prix record, ce que fait l’État

Le plein est devenu un sujet de conversation nationale. Au 17 septembre 2026, plus de 1 800 stations-service étaient privées d’au moins un carburant en France, contre environ 1 200 une semaine plus tôt, selon le décompte réalisé par la presse régionale à partir des données publiques. Le gouvernement, lui, parlait la veille d’environ 10 % du parc en difficulté. Dans le même temps, le sans-plomb 95-E10 a dépassé 2,14 euro le litre et le gazole 2,31 euro, des niveaux qui effacent le pic de 2022. Emmanuel Macron a réclamé une « totale mobilisation » de son gouvernement, avant de réunir ce vendredi 18 septembre les chefs de parti à l’Élysée. Voici ce que disent réellement les chiffres, ce qui explique la tension, et ce que vous pouvez faire concrètement.

1 800stations en rupture d’au moins un carburant (17 septembre)
2,14 eurole litre de SP95-E10 en moyenne (14 septembre)
104 $le baril de Brent à la clôture du 11 septembre

Où en est vraiment la pénurie

Première chose à poser clairement : la France ne manque pas de carburant. Elle manque de carburant à certains endroits, à certains moments. La nuance n’est pas cosmétique, elle explique pourquoi les chiffres qui circulent semblent se contredire. Le 16 septembre, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon évoquait environ 10 % des stations rencontrant une difficulté sur au moins un carburant. Le lendemain, le décompte effectué à partir des remontées des stations dépassait 1 800 points de vente concernés, soit de l’ordre de 13 % du parc. Ces deux ordres de grandeur sont compatibles : la situation se dégrade de jour en jour, et la photographie change vite.

Les relevés du 11 septembre donnaient une image plus fine : environ 21 % des stations déclaraient une rupture de SP95, 12 % de SP98, 10 % d’E10 et seulement 2 % de gazole. Ce sont donc les essences qui manquent, pas le diesel. Dans le même temps, une autre lecture officielle affirmait que 94 % des stations ne rencontraient « aucune difficulté d’approvisionnement ». Les deux chiffres ne se recoupent pas parfaitement : le premier compte les ruptures par type de carburant, le second les stations entièrement approvisionnées. Nous les donnons tels quels, sans trancher.

File de voitures et de camions à l'arrêt sur une autoroute
Les achats d’anticipation alimentent eux-mêmes la tension dans les stations. Photo : Pixabay / Pexels

Une carte très inégale selon les régions

La tension n’est pas répartie uniformément. Au 15 septembre au matin, la part de stations signalées « en difficulté » variait fortement d’une région à l’autre, dans un rapport de un à quatorze entre les extrêmes. Le Grand Est, la Bretagne et les Pays de la Loire apparaissaient les plus touchés, la Corse et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur les plus épargnées. Cette géographie renvoie moins à la géopolitique qu’à la logistique : proximité des dépôts, densité du réseau, nature des enseignes présentes.

Région Part de stations en difficulté (15 septembre, 9 h)
Grand Est 14 %
Bretagne 13 %
Pays de la Loire 13 %
Occitanie 11 %
Provence-Alpes-Côte d’Azur 6 %
Corse 1 %

À vérifier

Les chiffres de ruptures sont par nature évolutifs : ils reposent sur des déclarations de stations mises à jour plusieurs fois par jour, et une station « à sec » le matin peut être réapprovisionnée l’après-midi. Toutes les données citées dans cet article sont datées. Pour connaître la situation à l’instant T près de chez vous, la seule référence utile est la carte officielle des disponibilités publiée sur prix-carburants.gouv.fr.

Le paradoxe TotalEnergies

C’est le fait le plus contre-intuitif de cette séquence, et il mérite d’être expliqué posément. Selon le gouvernement, près de neuf stations à sec sur dix portent le logo TotalEnergies. Le groupe n’est pourtant pas victime d’un problème d’approvisionnement propre : il est victime de son propre dispositif commercial.

Depuis le 22 juillet 2026, en réaction à la reprise du conflit au Moyen-Orient, TotalEnergies plafonne ses prix à 1,99 euro le litre pour l’essence et 2,25 euros pour le gazole dans l’ensemble de ses stations de France hexagonale. Quand la moyenne nationale du sans-plomb dépasse 2,14 euros, ce plafond crée un écart de 15 centimes ou plus avec la concurrence. Résultat mécanique : les automobilistes convergent vers ces stations, les volumes écoulés explosent, et les cuves se vident plus vite que les camions-citernes ne peuvent les remplir. La rupture n’est donc pas le symptôme d’une pénurie nationale, mais celui d’un afflux localisé.

Environ 10 % des stations-service ont une difficulté d’approvisionnement sur au moins un carburant, dont l’immense majorité appartiennent au réseau TotalEnergies.

Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, 16 septembre 2026

Le PDG du groupe, Patrick Pouyanné, a indiqué que le plafonnement resterait en vigueur sans échéance fixe, aussi longtemps que durera le conflit. Il a toutefois assorti cet engagement d’une réserve explicitement politique : le dispositif pourrait être abandonné en cas d’instauration d’une taxe sur les superprofits pétroliers. Cette phrase, prononcée au moment où le Parlement prépare le budget 2027, transforme une mesure commerciale en argument de négociation. Elle mérite d’être lue comme telle.

Des prix qui dépassent le pic de 2022

Les relevés convergent sur un point : les niveaux atteints en septembre 2026 sont les plus élevés jamais enregistrés en euros courants. Le 14 septembre, le SP95-E10 s’établissait autour de 2,141 euro le litre et le gazole autour de 2,314 euro. Le 15 septembre, plusieurs baromètres plaçaient le sans-plomb à 2,15 euro et le gazole à 2,35 euro, au-dessus du pic de juin 2022. Le 17 septembre, le gazole franchissait 2,36 euro en moyenne, avec des pointes relevées jusqu’à 2,84 euro sur certaines stations d’autoroute.

Carburant Prix moyen relevé Date du relevé
SP95-E10 2,141 euro / litre 14 septembre 2026
Gazole 2,314 euro / litre 14 septembre 2026
Gazole plus de 2,36 euro / litre 17 septembre 2026
GPL 1,051 euro / litre 14 septembre 2026
Superéthanol E85 0,883 euro / litre 14 septembre 2026

Une précision de méthode s’impose, car elle explique les écarts d’un site à l’autre : les moyennes publiées diffèrent selon le périmètre retenu, certaines pondérant par les volumes vendus, d’autres excluant les autoroutes. Les sources consultées donnaient ainsi, pour la même journée, des valeurs de SP95 comprises entre 2,14 et 2,19 euro. L’ordre de grandeur est solide, la décimale ne l’est pas.

La comparaison avec 2022 demande de la prudence

Dire que le record de 2022 est battu est exact en euros courants, mais la comparaison directe est trompeuse pour deux raisons. D’abord parce que l’État avait alors mis en place une ristourne de 30 centimes par litre, qui a masqué une partie de la hausse pour l’automobiliste et coûté environ 8 milliards d’euros aux finances publiques. Ensuite parce que l’inflation cumulée depuis 2022 réduit mécaniquement l’écart en pouvoir d’achat. Les chiffres du pic de 2022 eux-mêmes varient selon les sources, entre les relevés hebdomadaires officiels et les moyennes calculées par les comparateurs privés. Nous ne retenons donc ici que le constat robuste : en 2026, l’automobiliste paie à la pompe davantage qu’il n’a jamais payé, sans aucun amortisseur généralisé.

Complexe de raffinage pétrolier en bord de mer
Les capacités de raffinage européennes restent tendues après plusieurs fermetures de sites. Photo : Nothing Ahead / Pexels

Pourquoi ça flambe : Ormuz, raffinage, fiscalité

Trois mécanismes se superposent, et il est utile de les distinguer car ils ne se règlent pas avec les mêmes leviers ni dans les mêmes délais.

Le brut d’abord. Le baril de Brent a clôturé à 104,36 dollars le 11 septembre, et évoluait autour de 105 dollars le 15 septembre. Cette tension découle directement de la situation dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial, et où le trafic maritime s’est fortement réduit, armateurs et assureurs ayant suspendu ou renchéri les passages. Un baril élevé ne se traduit pas instantanément à la pompe : il faut compter plusieurs semaines entre le prix du brut et le prix affiché, le temps du transport et du raffinage.

Le raffinage ensuite. La France ne consomme pas du brut mais des produits raffinés, et c’est là que se situe son vrai point de fragilité. Les capacités européennes se sont réduites au fil des fermetures de sites, dont Grandpuits en France. La marge de raffinage européenne oscillait entre 12 et 18 centimes par litre selon les relevés de l’été 2026, un niveau qualifié d’historiquement moyen, loin des 35 centimes atteints au plus fort de 2022. Ce n’est donc pas la marge de raffinage qui explique l’envolée cette fois.

La fiscalité enfin. Elle ne monte pas, mais elle amplifie. Au 24 août 2026, les taxes représentaient environ 43,9 % du prix du gazole et 50,1 % de celui du SP95, selon les décompositions publiées par les organismes spécialisés. La TICPE étant un montant fixe par litre, sa part relative baisse quand les prix montent, mais la TVA, elle, s’applique sur le total taxes comprises : chaque hausse du prix hors taxes gonfle donc aussi la recette de TVA. C’est ce mécanisme qui alimente le débat récurrent sur une éventuelle baisse temporaire de fiscalité, réclamée notamment par le Rassemblement national.

À retenir

Le prix à la pompe se décompose grossièrement en trois blocs : le coût du produit pétrolier raffiné, les coûts de distribution et la marge du réseau, et la fiscalité. En septembre 2026, c’est le premier bloc qui explose, sous l’effet du prix du brut et de la prime de risque liée au détroit d’Ormuz. Les deux autres restent à des niveaux comparables à ceux des mois précédents.

Ce que fait l’État, et ce qu’il ne fait pas

Le 16 septembre, en Conseil des ministres, Emmanuel Macron a demandé à son gouvernement une « totale mobilisation » sur l’approvisionnement et la maîtrise des prix. Derrière la formule, trois chantiers ont été évoqués par l’exécutif.

Le premier est diplomatique et commercial : sécuriser des volumes auprès d’autres pays producteurs. Le deuxième est réglementaire, avec un travail engagé à l’échelle européenne pour assouplir les normes applicables aux raffineries et permettre des ajustements de production plus rapides. Le troisième relève de la logistique intérieure : le gouvernement a assuré que les chaînes d’acheminement ne rencontraient pas de difficulté anormale, et que la priorité portait sur l’approvisionnement international.

Ce qui n’a pas été annoncé compte tout autant. À ce stade, il n’y a pas de ristourne généralisée à la pompe pour les particuliers, contrairement à 2022. Le gouvernement s’en tient à des aides ciblées, un choix budgétaire assumé dans un contexte de finances publiques contraintes, que nous avions détaillé dans notre article sur le gel des dépenses de l’État pour le budget 2027.

Les stocks stratégiques, l’arme de dernier recours

À chaque crise revient la même question : pourquoi ne pas puiser dans les réserves ? La France dispose effectivement d’un dispositif robuste, souvent mal connu. Elle est tenue, au titre de ses engagements auprès de l’Agence internationale de l’énergie, de détenir l’équivalent d’au moins 90 jours d’importations nettes. Dans les faits, elle en détiendrait environ 118 jours, soit de l’ordre de 16 millions de tonnes de produits pétroliers, répartis sur 81 sites de stockage, dont les cavités salines creusées sous Manosque, dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Les trois quarts de ces stocks sont administrés par la SAGESS, société anonyme créée en 1988 à l’initiative des opérateurs pétroliers. C’est le directeur de l’énergie qui peut lui enjoindre de céder tout ou partie de ses stocks, par vente, prêt aux opérateurs agréés ou échange. Le déclenchement répond classiquement à deux cas de figure : une rupture d’approvisionnement mondiale liée à une crise géopolitique, ou un conflit social bloquant raffineries et dépôts.

Élément Donnée
Obligation internationale 90 jours d’importations nettes (AIE)
Niveau détenu par la France environ 118 jours, soit près de 16 millions de tonnes
Nombre de sites de stockage 81
Gestionnaire principal SAGESS, créée en 1988, environ trois quarts des stocks
Mobilisation coordonnée de mars 2026 400 millions de barils annoncés par l’AIE

Le précédent est récent. En mars 2026, face à l’escalade au Moyen-Orient, l’AIE avait annoncé la libération coordonnée de 400 millions de barils, un volume présenté comme l’équivalent de vingt à trente jours d’exportations transitant par Ormuz. La France y avait participé à hauteur d’environ 580 000 barils, soit une fraction modeste de ses engagements. Ces ordres de grandeur sont à manier avec prudence : les communications officielles mélangent parfois volumes engagés et volumes effectivement mis sur le marché. Aucune nouvelle libération française n’avait été officialisée au 17 septembre 2026.

Vue aérienne d'un pétrolier naviguant en pleine mer
Environ un cinquième du pétrole mondial transite par le détroit d’Ormuz. Photo : Alexander Bobrov / Pexels

Aides : qui touche quoi aujourd’hui

Le paysage des aides est devenu illisible pour beaucoup, essentiellement parce qu’il distingue les usages professionnels des usages personnels. Le 17 septembre, Sébastien Lecornu a demandé la prolongation jusqu’au 31 décembre 2026 des dispositifs destinés aux professionnels. Pêcheurs, agriculteurs et entreprises du bâtiment bénéficient à ce titre d’une remise comprise entre 15 et 35 centimes par litre selon les secteurs et les carburants.

Pour les particuliers, le cadre repose sur le décret n° 2026-333 du 30 avril 2026, qui a créé une indemnité carburant sous conditions de revenus et d’usage du véhicule. Ce dispositif de type « grands rouleurs » cible les actifs qui dépendent de leur voiture pour aller travailler, et non l’ensemble des automobilistes. Nous avions détaillé ses conditions dans notre article sur l’aide carburant de 100 euros.

À vérifier

Plusieurs sources faisaient état, à la mi-septembre, d’un report de la date limite de dépôt des demandes d’aide au 30 septembre 2026, alors que le guichet devait initialement fermer fin août. Cette prolongation n’était pas confirmée par une publication officielle au moment où nous écrivons. Si vous êtes concerné, vérifiez directement sur le portail gouvernemental avant de considérer votre dossier comme forclos.

Ce que vous pouvez faire concrètement

Consultez les disponibilités avant de partir. Le site officiel des prix des carburants publie une rubrique dédiée aux ruptures, alimentée par les déclarations des stations. Elle évite les détours inutiles, qui consomment précisément ce que vous cherchez à économiser.

Évitez les pleins d’anticipation. C’est le point le plus important, et le plus contre-intuitif. Une part significative des ruptures actuelles ne vient pas d’un déficit d’approvisionnement mais d’un comportement de précaution collectif : quand chacun remplit son réservoir à moitié plein, la demande instantanée double et vide les cuves.

Regardez au-delà de l’enseigne la moins chère. Une station indépendante affichant 10 centimes de plus peut revenir moins cher qu’un détour de vingt kilomètres et quarante minutes de queue.

Anticipez les restrictions locales. En période de tension, les préfectures disposent d’outils classiques : limitation du volume par véhicule, souvent 30 litres pour les véhicules légers, interdiction de remplissage des jerricans, accès prioritaire réservé aux services d’urgence. Vérifiez le site de votre préfecture plutôt qu’une information relayée sur les réseaux sociaux.

Le rendez-vous politique du 18 septembre

Ce vendredi 18 septembre à 10 h 30, Emmanuel Macron réunit à l’Élysée les responsables des partis représentés au Parlement, ainsi que des candidats déclarés à l’élection présidentielle. Le format retenu est celui dit « de Saint-Denis », inauguré à l’été 2023 pour associer les oppositions à des sujets régaliens. L’ordre du jour annoncé porte sur la dégradation rapide de la situation internationale, au Moyen-Orient comme en Ukraine, et sur ses conséquences intérieures en matière de sécurité et d’énergie. Le Premier ministre Sébastien Lecornu ainsi que des responsables militaires et du renseignement doivent être présents.

Parmi les participants annoncés figuraient notamment Jordan Bardella, Gabriel Attal, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher. La réunion intervient au lendemain d’une séquence diplomatique intense pour le chef de l’État, qui recevait le 17 septembre le roi de Jordanie et le président libanais.

Ce rendez-vous n’apportera vraisemblablement pas de mesure tarifaire immédiate : il vise d’abord à construire un socle politique commun avant des décisions potentiellement impopulaires, qu’il s’agisse d’un effort budgétaire, d’une sollicitation des stocks stratégiques ou d’arbitrages sur la fiscalité de l’énergie. Le calendrier compte : le débat budgétaire de l’automne s’ouvre dans quelques semaines.

Questions fréquentes

La France risque-t-elle une pénurie générale de carburant ?

Rien dans les données disponibles au 17 septembre ne va dans ce sens. Les stocks nationaux dépassent largement les obligations internationales et les chaînes logistiques intérieures fonctionnent. Le risque documenté est celui de ruptures locales et temporaires, concentrées sur les essences et sur les réseaux les moins chers.

Pourquoi le gazole manque-t-il moins que l’essence ?

Les relevés du 11 septembre plaçaient les ruptures de gazole à 2 % des stations, contre 21 % pour le SP95. L’explication tient à la structure du parc automobile français, où le diesel reste très présent, ce qui conduit les distributeurs à dimensionner leurs stocks en conséquence, et aux capacités de raffinage et d’importation, historiquement orientées vers le gazole en France.

Une baisse des taxes est-elle envisageable ?

Elle est réclamée par plusieurs formations politiques, mais elle coûterait cher à un budget déjà sous tension : la ristourne de 2022, pourtant limitée dans le temps, avait représenté environ 8 milliards d’euros. À ce stade, l’exécutif privilégie les aides ciblées plutôt qu’une mesure générale.

Le plafonnement de TotalEnergies va-t-il durer ?

Son PDG a indiqué qu’il resterait en place tant que durerait le conflit au Moyen-Orient, sans date de fin. Il a toutefois conditionné cet engagement à l’absence de taxe sur les superprofits pétroliers, ce qui en fait un sujet politique autant qu’économique.

Ce qu’il faut surveiller

Trois indicateurs méritent d’être suivis. L’évolution du nombre de stations en rupture d’abord : si la courbe se stabilise autour de 13 %, la crise restera un problème d’organisation ; si elle franchit les 20 %, la question du rationnement se posera. Le cours du Brent ensuite, qui détermine ce que vous paierez dans trois à cinq semaines, indépendamment de toute décision publique. L’attitude de TotalEnergies enfin : un abandon du plafonnement rééquilibrerait les flux entre enseignes, mais ferait bondir le prix affiché dans le premier réseau du pays. Dans l’intervalle, le meilleur conseil reste le plus simple : vérifier avant de se déplacer, ne pas remplir par précaution, et se méfier des chiffres non datés. Dans une crise d’approvisionnement, la rumeur produit une partie de la pénurie qu’elle annonce.

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