Sapeurs-pompiers en intervention auprès de leur engin dans une rue de Paris

Grève des pompiers : pourquoi la colère des casernes ne retombe pas

La photo a fait le tour des réseaux sociaux : une vingtaine de représentants syndicaux en chemise blanche, alignés devant la grille du ministère de l’Intérieur, place Beauvau, le jeudi 13 août 2026. Ce jour-là, neuf organisations syndicales représentatives des services départementaux d’incendie et de secours appelaient à une grève nationale, en plein pic de la saison des feux. Elles sont ressorties de leur entrevue avec Laurent Nuñez « très déçues », selon leurs propres mots. Derrière la colère, des chiffres têtus : 4,89 millions d’interventions en 2025, près de 20 millions d’appels reçus au 18 et au 112, et des effectifs qui progressent de 1 % par an. Le gouvernement promet un projet de loi de modernisation de la sécurité civile « au début du mois de septembre ». Voici ce qui se joue vraiment.

Camions de pompiers déployés lors d'une intervention en milieu urbain
Le secours aux personnes représente 79 % des sorties des services d’incendie et de secours. Photo : Vladimir Srajber / Pexels

Ce qui s’est joué le 13 août place Beauvau

Le dépôt d’un préavis de grève et l’annonce d’une conférence de presse devant le ministère ont fini par décider Laurent Nuñez à recevoir, le 13 août, l’ensemble des organisations syndicales représentatives des personnels des SDIS. L’ordre du jour officiel tenait en une phrase : faire le point sur l’avancée des travaux portant sur le projet de loi de modernisation de la sécurité civile, et sur les modalités de financement des services départementaux d’incendie et de secours.

À la sortie, le ton n’était pas au soulagement. Le porte-parole de l’intersyndicale, Xavier Boy, a dénoncé devant la presse des « moyens qui ne suivent pas » et réclamé des « recrutements massifs ». Selon lui, les sapeurs-pompiers « ne peuvent pas compenser indéfiniment les insuffisances d’un système arrivé à saturation ». Du côté de la CGT, Laurent Guilloteau, membre du collectif CGT-SDIS, a résumé la frustration autrement : le ministre « s’en remet toujours au projet de loi de finances qui doit passer en octobre » et n’aurait pas été « en capacité de nous donner des chiffres, alors qu’on réclamait des engagements chiffrés ».

Une grève de sapeurs-pompiers ne se traduit jamais par un arrêt des secours. Les personnels concernés sont soumis à un service minimum et à des assignations : dans les faits, les casernes continuent de partir en intervention, et le mouvement se manifeste surtout par le port de brassards, des rassemblements et une visibilité médiatique. C’est précisément ce qui rend la mesure de la mobilisation difficile, aucun chiffre national de participation n’ayant été publié à ce stade.

Neuf organisations, une déclaration commune

Le point notable de cette séquence tient moins à la grève elle-même qu’à son unité. Neuf organisations syndicales représentatives, couvrant à la fois les sapeurs-pompiers professionnels et les personnels administratifs, techniques et spécialisés (les PATS), ont remis au ministre une déclaration unitaire. Un front syndical de cette largeur reste rare dans une filière historiquement fragmentée entre statuts, grades et cultures professionnelles.

Le texte commun, publié le soir même par la branche SDIS de la CFDT, formule trois exigences. La première porte sur la fin de ce que les syndicats appellent le « délestage » des urgences hospitalières sur les sapeurs-pompiers : ils demandent que le SAMU cesse de les considérer comme des supplétifs et déplorent des attentes dépassant huit heures aux portes des services d’urgence. La deuxième réclame la mise en oeuvre concrète et la revalorisation de l’indemnité de mobilisation opérationnelle (IMO), la déclinaison des grilles types de la fonction publique dans la filière, et la reconnaissance des PATS. La troisième porte sur l’investissement, avec un constat chiffré : selon la CFDT SDIS, plus de 1 000 camions-citernes feux de forêt auraient disparu du parc national en vingt ans.

L’attentisme n’est plus une option. Chaque année perdue nous rapproche de crises encore plus graves. Les sapeurs-pompiers et PATS sont prêts à travailler, mais nous avons besoin de décisions et de résultats.

Déclaration unitaire des organisations syndicales des SDIS, 13 août 2026

La Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF), qui n’est pas un syndicat mais la principale structure associative de la profession, a publié le même jour un communiqué de soutien nuancé. Elle indique « entendre » les revendications, en « partager tout ou partie » et « respecter ceux qui les portent », avant de renvoyer la balle au politique avec une question de fond : quelle sécurité civile la Nation veut-elle pour demain, et quels moyens veut-elle y consacrer.

Sapeurs-pompiers luttant contre un feu de forêt dans la fumée
La saison des feux 2026 a de nouveau mis les services de secours sous pression. Photo : RDNE Stock project / Pexels

L’été 2026, détonateur d’une colère plus ancienne

Le calendrier n’est évidemment pas neutre. La mobilisation intervient au terme d’une saison des feux d’une intensité inhabituelle, marquée notamment par le mégafeu du bassin d’Arcachon et par les incendies de Gironde et des Landes, qui ont conduit le gouvernement à annoncer un plan d’aide de plus de 100 millions d’euros. Dans sa déclaration au ministre, l’intersyndicale évoque « des centaines de milliers d’évacuations, des habitations détruites, des centaines de collègues blessés » et la perte de quatre d’entre eux.

Ce bilan humain est celui avancé par les organisations syndicales à la date du 13 août 2026. Il n’a pas fait l’objet, à notre connaissance, d’une consolidation officielle publiée par la direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), et la saison des feux n’était pas achevée à cette date. Il doit donc être lu comme un décompte syndical, susceptible d’évoluer.

À vérifier

Plusieurs chiffres circulant dans ce dossier proviennent de sources syndicales et n’ont pas d’équivalent officiel publié : le nombre de sapeurs-pompiers décédés durant l’été 2026, les 2 500 lauréats du concours de caporal qui ne seraient pas recrutés faute de budget, et la disparition de plus de 1 000 camions-citernes feux de forêt en vingt ans. Nous les citons en les attribuant, sans les présenter comme établis.

La colère, elle, précède largement cet été. Dès avril 2026, avant même le début de la saison des grands incendies, les neuf syndicats représentatifs avaient écrit au Premier ministre Sébastien Lecornu pour alerter sur des conditions de travail « de plus en plus dégradées » et dénoncer le sous-effectif et le sous-financement. La grève du 13 août est l’aboutissement de ce courrier resté, du point de vue syndical, sans réponse suffisante.

Ce que disent les chiffres officiels de l’activité

Sur l’activité, la donnée fait consensus : elle augmente. Les statistiques des services d’incendie et de secours publiées par la DGSCGC, arrêtées au 31 décembre 2025, décrivent une année de forte sollicitation. Le nombre d’appels reçus au 18 ou au 112 a bondi de 15 % pour frôler les 20 millions (19,99 millions exactement). Les opérations de secours ont progressé de 3 %, à 4,89 millions de sorties. Et le délai moyen d’arrivée sur les lieux s’est allongé de 3 %, pour atteindre 15,9 minutes.

Ce dernier indicateur mérite une précision, souvent absente des reprises. Il agrège des interventions urgentes et non urgentes, et intègre le temps de régulation médicale par le SAMU, lui-même variable. Une hausse de la moyenne ne signifie donc pas mécaniquement que les secours arrivent plus tard sur une urgence vitale, même si elle constitue un signal de tension.

4,89 Mopérations de secours en 2025 (+3 %)
19,99 Mappels reçus au 18 ou au 112 (+15 %)
15,9 mindélai moyen d’arrivée sur les lieux (+3 %)

La répartition des motifs d’intervention éclaire une bonne partie du débat. Le feu, qui donne son nom au métier, ne représente qu’une petite minorité des sorties.

Motif d’intervention Part des sorties en 2025
Secours et soins d’urgence aux personnes (SSUAP) 79 %
Interventions non urgentes (carences ambulancières, ascenseurs, etc.) 9 %
Incendies 6 %
Opérations diverses et protection des biens 5 %

Ces 79 % de secours aux personnes, auxquels s’ajoutent 9 % d’interventions non urgentes, expliquent la première revendication de l’intersyndicale. Quand un service d’urgence hospitalier sature ou qu’aucune ambulance privée n’est disponible, c’est le SDIS qui prend le relais. Le sapeur-pompier immobilisé plusieurs heures dans un couloir d’hôpital n’est plus disponible pour la mission suivante, y compris pour un feu.

Effectifs et matériels : la ligne de fracture

Face à cette activité en hausse, les moyens humains et matériels bougent peu. C’est le coeur du désaccord entre les syndicats et le ministère : les uns parlent de stagnation, les autres d’efforts réels mais progressifs. Les données de la DGSCGC pour 2025 permettent de trancher au moins sur l’ordre de grandeur.

Catégorie Effectif ou parc en 2025 Évolution sur un an
Sapeurs-pompiers volontaires 200 961 +1 %
Sapeurs-pompiers professionnels 44 303 +1 %
Militaires (BSPP, BMPM, UIISC) 13 377 -1 %
Jeunes sapeurs-pompiers 27 326 -1 %
Personnels administratifs et techniques 11 828 -0,1 %
Engins d’extinction 9 253 -1 %
Véhicules de secours et d’assistance aux victimes 7 005 -0,3 %

La lecture est assez claire : l’activité progresse de 3 % quand les effectifs opérationnels progressent de 1 %, et le parc roulant recule légèrement. Un point positif se dégage néanmoins, avec une progression de 4 % du nombre de personnels féminins en un an, dans une profession qui reste très majoritairement masculine.

C’est sur ce terrain que la CGT a porté son argument le plus concret le 13 août. Selon Laurent Guilloteau, 2 500 lauréats du concours de caporal de sapeurs-pompiers professionnels ne seraient pas recrutés faute de budget, alors même que les renforts manquaient sur les grands feux de l’été. La confédération revendique de son côté le recrutement de 21 000 sapeurs-pompiers, un ordre de grandeur qui reviendrait à augmenter de près de moitié l’effectif professionnel actuel.

Engin de secours stationné dans la remise d'une caserne de pompiers
Le parc roulant des SDIS a légèrement reculé en 2025, selon la DGSCGC. Photo : James Collington / Pexels

Qui paie les SDIS, et pourquoi le sujet coince

Pour comprendre pourquoi le ministre de l’Intérieur ne peut pas, seul, régler l’équation, il faut regarder qui finance. Les services départementaux d’incendie et de secours sont des établissements publics départementaux. Leur budget ne vient pas principalement de l’État mais des collectivités : conseils départementaux d’un côté, communes et intercommunalités de l’autre.

Selon les données rassemblées par La Gazette des communes, le budget total des SDIS avoisine 5,6 milliards d’euros, dont les départements assument près de 60 %. La contribution des conseils départementaux serait passée de 1,6 milliard d’euros en 2005 à environ 3,3 milliards aujourd’hui, soit un doublement en une vingtaine d’années. Côté investissement, les SDIS auraient engagé 4,8 milliards d’euros sur six ans pour leurs casernes et leurs matériels, soit environ 800 millions par an, mais leurs dépenses d’équipement auraient reculé de 4,1 % en 2025.

Indicateur financier Ordre de grandeur Source
Budget annuel total des SDIS environ 5,6 milliards d’euros La Gazette des communes
Part financée par les départements près de 60 % La Gazette des communes
Contribution des départements en 2005 1,6 milliard d’euros La Gazette des communes
Contribution des départements aujourd’hui environ 3,3 milliards d’euros La Gazette des communes
Soutien de l’État aux investissements (PLF 2025) 48,6 millions d’euros de crédits de paiement rapport budgétaire, Sénat

La comparaison est instructive. Le soutien de l’État à l’investissement des SDIS se compte en dizaines de millions d’euros quand le budget global du secteur se compte en milliards. Cet écart n’est pas une anomalie comptable : il découle de l’architecture même du modèle, où l’État fixe les normes, la doctrine et les concours nationaux, mais laisse le financement courant aux collectivités. Les départements, dont les finances sont par ailleurs sous tension, réclament depuis plusieurs années une réforme de ce financement.

À retenir

Aucune décision prise place Beauvau ne peut donc, à elle seule, débloquer des recrutements massifs. Une revalorisation générale passe soit par la loi de finances, soit par les budgets départementaux, soit par une refonte du partage des charges. C’est ce qui explique le renvoi constant, dans la bouche du ministre comme dans celle des syndicats, au projet de loi de finances examiné à l’automne.

La réponse du gouvernement, entre loi et budget

À l’issue de la rencontre, Laurent Nuñez a annoncé sur le réseau social X qu’un projet de loi de modernisation de la Sécurité civile serait présenté aux sapeurs-pompiers « au début du mois de septembre ». Quelques jours plus tôt, le 11 août, le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, Jean-Didier Berger, avait défendu le bilan gouvernemental sur RMC, estimant que « beaucoup de moyens ont été mis sur la table » et mettant en avant le financement par l’État de 500 nouveaux engins.

Ce chiffre renvoie aux « pactes capacitaires », un dispositif de cofinancement par lequel l’État participe à l’achat groupé de véhicules, notamment de camions-citernes feux de forêt. Le mécanisme est réel et documenté par le ministère de l’Intérieur, mais son ampleur est précisément ce qui est en débat : les syndicats y voient des « mesurettes » au regard du besoin, le gouvernement un effort inédit.

Il n’a pas été en capacité de nous donner des chiffres, alors qu’on réclamait des engagements chiffrés.

Laurent Guilloteau, collectif CGT-SDIS, 13 août 2026

Sur le fond, les deux camps ne parlent d’ailleurs pas tout à fait de la même chose. Le gouvernement met en avant les moyens aériens et le parc roulant, plus visibles et plus faciles à chiffrer. Les syndicats répliquent que sans troupes au sol, aucun bombardier d’eau ne suffit, et déplacent le débat vers les ressources humaines et la santé au travail, notamment l’exposition aux fumées et le risque de cancers professionnels chez les sapeurs-pompiers.

Une architecture juridique qui date de 2004

Le hasard du calendrier a une saveur particulière. La grève du 13 août 2026 est tombée exactement vingt-deux ans, jour pour jour, après la promulgation de la loi n° 2004-811 du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile, texte fondateur qui a défini les objectifs du système actuel : prévention des risques, information et alerte des populations, protection des personnes, des biens et de l’environnement.

Ce cadre a été retouché depuis, principalement par la loi n° 2021-1520 du 25 novembre 2021, dite loi Matras, qui visait à consolider le modèle de sécurité civile et à valoriser le volontariat. Mais la structure d’ensemble, y compris la répartition des financements, n’a pas été refondue. C’est cette refonte que la FNSPF comme les syndicats appellent de leurs voeux, et que le futur projet de loi est censé porter.

Les trois textes à connaître

La loi du 13 août 2004 pose l’architecture générale de la sécurité civile et crée notamment le plan communal de sauvegarde. La loi Matras du 25 novembre 2021 renforce le volontariat et retouche plusieurs dispositifs. Le projet de loi annoncé pour septembre 2026 devrait s’attaquer, selon le ministère, à la modernisation du modèle et aux modalités de financement des SDIS. Son contenu n’était pas public à la date de publication de cet article.

Le calendrier de la rentrée sociale

Les organisations ne comptent pas attendre passivement le texte gouvernemental. L’intersyndicale des sapeurs-pompiers a annoncé une manifestation statique les 26, 27 et 28 septembre place de la République, à Paris, dans le format de rassemblement permanent déjà utilisé par d’autres professions. Elle s’inscrira ensuite dans la journée d’action de la fonction publique prévue le 29 septembre.

Date Événement
Avril 2026 Courrier des neuf syndicats au Premier ministre
13 août 2026 Grève nationale et entrevue avec Laurent Nuñez
Début septembre 2026 Présentation annoncée du projet de loi aux sapeurs-pompiers
26, 27 et 28 septembre 2026 Manifestation statique place de la République, à Paris
29 septembre 2026 Journée d’action de la fonction publique
Automne 2026 Examen du projet de loi de finances pour 2027

Le véritable rendez-vous est donc budgétaire. Un projet de loi de modernisation sans traduction financière dans le budget 2027 laisserait entière la question des recrutements, que l’intersyndicale place au premier rang de ses exigences. À l’inverse, un arbitrage budgétaire favorable dans un contexte de contrainte générale sur les finances publiques supposerait des choix politiques assumés.

Questions fréquentes

Les pompiers ont-ils le droit de faire grève ?

Oui pour les sapeurs-pompiers professionnels, qui sont des fonctionnaires territoriaux, mais ce droit s’exerce dans un cadre strict. Les autorités peuvent procéder à des assignations pour garantir la continuité des secours. Les sapeurs-pompiers volontaires, qui ne sont pas des salariés, ne sont pas concernés par le droit de grève, et les militaires ne le sont pas davantage.

Le 18 fonctionne-t-il normalement pendant une grève ?

Oui. Le service minimum et les assignations garantissent la réception des appels et le départ des secours. Un mouvement social de sapeurs-pompiers se traduit par des actions symboliques et par des rassemblements, pas par une interruption des interventions.

Combien y a-t-il de sapeurs-pompiers en France ?

Selon les statistiques de la DGSCGC arrêtées fin 2025, la France compte 200 961 sapeurs-pompiers volontaires, 44 303 professionnels et 13 377 militaires, auxquels s’ajoutent 11 828 personnels administratifs, techniques et spécialisés. Le volontariat reste donc le socle très largement majoritaire du modèle français.

Qu’est-ce qu’une carence ambulancière ?

C’est une intervention effectuée par les sapeurs-pompiers pour un transport sanitaire qui aurait normalement dû être assuré par une ambulance privée, faute de moyen disponible. Ces missions font l’objet d’une indemnisation, jugée insuffisante par les SDIS, et alimentent le reproche syndical d’un « délestage » du système de santé sur la sécurité civile.

Que va contenir le projet de loi annoncé pour septembre ?

Son contenu n’est pas connu à ce jour. Le ministère de l’Intérieur indique travailler à la fois sur la modernisation du modèle de sécurité civile et sur les modalités de financement des SDIS. Tant que le texte n’est pas rendu public, toute description précise de son contenu relève de l’anticipation.

Une chose est acquise : la question posée par la FNSPF le 13 août, celle des moyens que la Nation veut consacrer à la protection des Français, ne se réglera pas en une réunion place Beauvau. Elle se tranchera à l’automne, entre un texte de loi et une ligne budgétaire.

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