Soignant portant une combinaison de protection, un masque et des lunettes

Ebola : la RDC face à la flambée la plus rapide jamais enregistrée

L’épidémie d’Ebola qui frappe l’est de la République démocratique du Congo est devenue, en un peu plus de cinq mois, la plus vaste jamais documentée dans le pays et la plus rapide jamais enregistrée depuis la découverte du virus en 1976. Selon le point de situation diffusé le 27 août par les autorités congolaises et repris par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, 5 794 cas confirmés et 2 786 décès avaient été recensés à la date du 26 août, répartis dans six provinces. Le virus en cause n’est pas la souche Zaïre, celle des grandes flambées passées, mais l’espèce Bundibugyo, contre laquelle aucun vaccin ni traitement n’est aujourd’hui homologué. Le 27 août, le secrétaire général des Nations unies a dénoncé publiquement un défaut de financement qui laissera la riposte à court d’argent « dans des semaines, pas des mois ». Voici ce que l’on sait, ce qui progresse, et ce qui reste incertain.

5 794cas confirmés en RDC au 26 août 2026
2 786décès recensés à la même date
46,8 %létalité brute calculée par l’OMS au 12 août

Où en est l’épidémie fin août 2026

Les chiffres évoluent chaque jour, et c’est précisément ce qui rend la lecture de cette crise difficile. Le point de situation publié le 27 août par le ministère congolais de la Santé publique, relayé par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), fait état de 5 794 cas confirmés et 2 786 décès sur des données arrêtées au 26 août. Ce même bulletin signale 843 patients hospitalisés en isolement et une progression de 81 cas confirmés et 42 décès en vingt-quatre heures. Sur l’ensemble des provinces concernées, 82,3 % des contacts identifiés étaient effectivement suivis.

Deux jours plus tôt, le 25 août, les Nations unies comptaient 5 713 cas confirmés et 2 744 décès, avec un rythme d’environ 500 nouvelles infections par semaine. L’écart entre ces deux séries n’a rien d’anormal : les autorités congolaises précisent que les données de cas et de décès font l’objet d’une révision et d’une harmonisation continues. Autrement dit, tout bilan cité ici est un instantané, pas un solde définitif.

La photographie la plus détaillée reste celle de l’Organisation mondiale de la santé. Dans son bulletin épidémiologique du 14 août, l’agence recensait 4 665 cas confirmés et 2 184 décès en RDC au 12 août, soit une létalité brute de 46,8 %. La semaine épidémiologique 32, du 3 au 9 août, avait alors enregistré les pires chiffres hebdomadaires depuis le début de la flambée : 579 cas et 304 décès. C’est ce rythme qui a valu à cette épidémie le qualificatif d’expansion la plus rapide jamais observée pour une flambée d’Ebola.

À vérifier

Les bilans d’une épidémie en cours sont provisoires par nature. Les chiffres cités dans cet article sont datés un par un et proviennent de bulletins officiels publiés entre le 12 et le 27 août 2026. Ils seront très probablement révisés, à la hausse comme à la baisse, au fil des exercices de réconciliation des données menés par les autorités congolaises et l’OMS.

Soignant en combinaison de protection intégrale tenant un thermomètre
Image d'illustration. Le dépistage précoce et l'isolement des malades restent les principaux outils face au virus Bundibugyo. Photo : Gustavo Fring / Pexels

Bundibugyo, une espèce d’Ebola à part

La maladie à virus Ebola n’est pas une maladie unique. Elle regroupe plusieurs espèces virales de la famille des filovirus, et celle qui circule actuellement en RDC, Bundibugyo, n’avait été identifiée qu’en 2007, en Ouganda. La flambée en cours n’est que la troisième documentée pour cette espèce, après celle d’Ouganda en 2007 et une autre en RDC en 2012. Autant dire que le corpus de connaissances cliniques disponible est mince.

Sur le plan génétique, l’Institut Pasteur estime la distance entre Bundibugyo et la souche Zaïre à environ 40 %. Cette différence n’est pas une curiosité de laboratoire : elle explique pourquoi les outils bâtis depuis dix ans contre Ebola Zaïre, du vaccin Ervebo aux anticorps monoclonaux, ne peuvent pas être transposés automatiquement. Elle explique aussi pourquoi certains tests diagnostiques de terrain, calibrés sur la souche Zaïre, ont pu passer à côté des premiers cas.

Ce que l’on sait de la maladie

Le réservoir naturel suspecté reste la chauve-souris frugivore. La contamination humaine initiale se produit au contact du sang ou des sécrétions d’un animal infecté, puis la transmission devient interhumaine, par contact direct avec les liquides biologiques d’une personne malade ou avec des surfaces contaminées. Les rites funéraires impliquant un contact avec le défunt et les soins prodigués sans protection adaptée amplifient fortement la diffusion.

La période d’incubation va de deux à vingt et un jours, et un malade n’est pas contagieux avant l’apparition des symptômes. Ces derniers commencent de manière trompeuse : fièvre, fatigue, douleurs musculaires, maux de tête, mal de gorge. Rien qui distingue immédiatement Ebola d’un paludisme, très fréquent dans la région, d’où l’importance de la confirmation par PCR ou test antigénique.

Une létalité difficile à chiffrer

Les sources divergent. L’OMS rappelle que les deux flambées antérieures à Bundibugyo, en 2007 et 2012, avaient présenté des létalités de 30 % et 50 %. L’Institut Pasteur évoquait de son côté, en juin, une létalité historique « autour de 25 % ». La létalité brute observée aujourd’hui en RDC, 46,8 % au 12 août, se situe dans le haut de cette fourchette, mais elle reflète aussi un accès aux soins très dégradé et une part de cas détectés tardivement.

Cinq mois d’accélération, étape par étape

Le point le plus commenté par les épidémiologistes n’est pas l’ampleur de la flambée, mais son point de départ silencieux. Les premiers cas remonteraient à mars 2026, dans une zone de l’Ituri où l’accès aux soins est très limité. L’espèce responsable n’a été formellement identifiée qu’à la mi-mai, après analyses en laboratoires de référence. Le virus a donc circulé plusieurs semaines sans être nommé, ce qui explique une bonne part de l’avance qu’il conserve sur la riposte.

Date Étape
Mars 2026 Premiers cas rétrospectivement rattachés à l’épidémie, en Ituri
Mi-mai 2026 Identification de l’espèce Bundibugyo et déclaration par la RDC de sa 17e épidémie d’Ebola (zones de santé de Rwampara, Mongbwalu et Bunia)
15 mai 2026 Premier cas confirmé en Ouganda
17 mai 2026 L’OMS déclare une urgence de santé publique de portée internationale
22 mai 2026 Publication des recommandations temporaires du comité d’urgence du Règlement sanitaire international
24 juin 2026 Détection en France d’un cas importé chez un médecin de retour de RDC
2 juillet 2026 Début des inclusions dans l’essai clinique PARTNERS sur les traitements
24 juillet 2026 Lancement au Royaume-Uni du premier essai de phase 1 d’un vaccin spécifique Bundibugyo
3 au 9 août 2026 Pire semaine enregistrée : 579 cas et 304 décès
26 août 2026 L’OMS et Africa CDC déclarent la fin de l’épidémie en Ouganda
27 août 2026 Appel d’António Guterres et lancement d’une campagne de vaccination des soignants à Kisangani

Avec plus de cas confirmés que la flambée de 2018 à 2020, qui en avait compté 3 317, l’épidémie actuelle est désormais la plus importante jamais documentée en RDC, toutes espèces d’Ebola confondues. À l’échelle mondiale, elle se classe au deuxième rang, derrière l’épidémie ouest-africaine de 2014 à 2016.

Professionnel de santé examinant un patient dans un centre de soins
Image d'illustration. Dans les provinces touchées, l'accès aux structures de soins reste très inégal. Photo : Ninthgrid / Pexels

L’Ituri, épicentre d’une flambée qui déborde

Partie de la seule zone de santé de Mongbwalu, en Ituri, l’épidémie s’est étendue à six provinces. Au 12 août, l’OMS dénombrait 54 zones de santé touchées ; le bulletin congolais du 27 août en comptait 60 sur les 151 que comptent ces provinces. L’Ituri concentre à elle seule 85 % des cas confirmés et 79 % des décès, une concentration qui s’explique autant par l’ancienneté de la circulation locale que par la densité des échanges autour des sites miniers.

Province Zones de santé touchées (au 12 août)
Ituri 28 sur 36
Nord-Kivu 12 sur 34
Haut-Uélé 6 sur 13
Tshopo 6 sur 23
Sud-Kivu 1 sur 34
Bas-Uélé 1 sur 11

La dernière province atteinte, le Bas-Uélé, illustre le mécanisme de diffusion : un unique cas confirmé dans la zone de santé de Buta, chez une personne revenue du Haut-Uélé, avec des symptômes apparus le 4 août. Le fleuve Congo et les grands axes routiers relient des millions de personnes, et c’est cette mobilité qui inquiète le plus les autorités régionales. Les Nations unies ont d’ailleurs renforcé la préparation avec le Soudan du Sud et la République centrafricaine.

Le contexte pèse lourd. Dans la seule province de l’Ituri, un million de personnes ont été déplacées en trente ans de conflits, et plus de douze millions d’habitants de la région ont besoin d’une aide humanitaire. Les équipes doivent affronter simultanément un virus et une insécurité chronique.

Les soignants paient un tribut très lourd

C’est l’un des marqueurs les plus alarmants de cette flambée. Au 9 août, l’OMS recensait au moins 155 cas confirmés parmi les personnels de santé, dont 45 décès, soit une létalité de 29 % dans ce groupe, et 68 guérisons. Ces contaminations professionnelles surviennent surtout hors des centres de traitement dédiés, où les protocoles et les équipements sont mieux établis, et signalent des failles persistantes dans la prévention des infections au sein des structures de soins ordinaires.

À ces risques biologiques s’ajoutent des violences directes. Depuis la déclaration de l’urgence internationale le 17 mai, douze attaques contre les soins ont été documentées, visant notamment des centres de traitement et des ambulances. Chaque attaque a un double coût : elle prive les équipes d’un accès, et elle dissuade des malades de se présenter, ce qui alimente une transmission invisible.

Nous savons comment contenir Ebola, comment interrompre la transmission et comment sauver des vies. Mais il faut aussi combattre un autre virus : le virus de l’indifférence.

António Guterres, secrétaire général des Nations unies, 27 août 2026

L’Ouganda, la démonstration inverse

Au moment même où Guterres alertait, une bonne nouvelle tombait de Kampala. Le 26 août, l’OMS et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies ont déclaré la fin de l’épidémie en Ouganda, après 42 jours sans nouveau cas confirmé, décomptés à partir de la sortie d’hôpital du dernier patient le 16 juillet.

Le bilan ougandais est sans commune mesure avec celui de son voisin : 20 cas confirmés depuis le premier signalement le 15 mai, dont 15 importés de RDC et cinq contractés localement parmi des contacts et des soignants, deux décès et dix-huit guérisons. Plus de 800 contacts ont été identifiés et suivis, y compris dans la capitale. Le ministère ougandais de la Santé avait pour sa part annoncé la fin de la flambée dès le 28 juillet, tandis que l’OMS a attendu l’expiration complète de la période d’observation de 42 jours pour officialiser la clôture.

À retenir

Le contraste entre les deux pays n’oppose pas deux virus, mais deux contextes. L’Ouganda a pu déployer surveillance rapprochée, détection précoce et mobilisation communautaire sur un territoire accessible. L’est de la RDC cumule conflit armé, déplacements massifs de population et infrastructures sanitaires affaiblies. La même stratégie n’y produit pas les mêmes résultats.

Le financement, angle mort de la riposte

Le 27 août, à New York, António Guterres a placé la crise congolaise au centre d’une conférence de presse pour un motif simple : l’argent manque. Le plan humanitaire de 2,13 milliards de dollars présenté pour répondre à la crise n’était alors financé qu’à 48 %, malgré une contribution importante des États-Unis selon le secrétaire général. Les Nations unies ont mobilisé plus de 80 millions de dollars via leurs fonds communs, mais ces ressources ne permettront de tenir que « des semaines, pas des mois ». Le chef de l’ONU réclame 1,1 milliard de dollars supplémentaires.

Cet appel s’ajoute à une mobilisation continentale déjà engagée : en juin, l’Afrique avait réuni 518 millions de dollars pour financer un plan continental de préparation et de riposte piloté conjointement par l’OMS et Africa CDC sur six mois. Le message est constant : la fenêtre pour casser les chaînes de transmission se referme, et le coût d’une intervention retardée sera, selon Guterres, « plus meurtrier, plus difficile et plus élevé ».

Un signal encourageant existe toutefois. Le 26 août, la directrice des urgences de l’OMS pour l’Afrique, Marie Roseline Belizaire, estimait que l’accélération de l’épidémie avait ralenti sans que la courbe soit inversée. Ce n’est pas un reflux, mais c’est la première inflexion notable depuis mai.

Soignant ganté manipulant des flacons de vaccin en laboratoire
Image d'illustration. Cinq candidats vaccinaux spécifiques à Bundibugyo sont soutenus par la CEPI. Photo : Thirdman / Pexels

Vaccins et traitements : une course lancée en trois mois

Aucun vaccin ni traitement n’est homologué contre l’espèce Bundibugyo, et c’est la singularité majeure de cette épidémie par rapport aux précédentes. La riposte repose donc sur les fondamentaux de la santé publique : détection rapide, isolement, suivi des contacts, enterrements sécurisés et engagement communautaire. En parallèle, la recherche s’est mise en ordre de bataille à un rythme inédit.

Côté traitements, l’OMS parraine l’essai clinique PARTNERS, dont les inclusions ont débuté le 2 juillet. Il est ouvert dans trois structures de prise en charge de l’Ituri et avait recruté plus de 100 cas confirmés à la mi-août. Côté vaccins, un groupe consultatif technique de l’OMS a recommandé le 7 août de prioriser Ervebo, seul vaccin Ebola homologué à ce jour et développé contre la souche Zaïre, dans un essai randomisé mené dans le contexte de la flambée congolaise. Dans la foulée, le ministère congolais a lancé le 27 août à Kisangani une campagne de vaccination des personnels de première ligne avec ce même vaccin, principalement dans les provinces de Tshopo, du Bas-Uélé et du Haut-Uélé.

Cinq candidats vaccinaux spécifiques

La Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) soutient désormais cinq candidats conçus spécifiquement contre Bundibugyo, sur des plateformes technologiques différentes, afin de multiplier les chances d’aboutir. Son objectif affiché est d’en amener au moins deux jusqu’à une autorisation d’usage d’urgence et une préqualification par l’OMS.

Développeur Technologie Stade annoncé
Université d’Oxford et Serum Institute of India Vecteur ChAdOx1 Phase 1 lancée au Royaume-Uni le 24 juillet 2026
Moderna ARN messager (mRNA-1469) Phase 1 sur trois sites au Canada
IAVI, fabrication Hilleman Laboratories Vecteur rVSV Développement précoce, 3,2 millions de dollars de CEPI
Public Health Vaccines Vecteur rVSV Développement soutenu par CEPI
Minapharm et ProBioGen Vecteur MVA-CR19 Financement de 16,5 millions de dollars annoncé le 27 août, phase 1 prévue en Afrique

Le cas du candidat d’Oxford illustre la vitesse à laquelle la recherche a réagi : selon ses concepteurs, le vaccin a été mis au point en huit semaines. Le programme de Minapharm, société pharmaceutique égyptienne dont la filiale berlinoise ProBioGen fournit la plateforme, présente une autre particularité : il vise une fabrication à terme entièrement africaine, du principe actif au produit fini, ce qu’Africa CDC présente comme une étape vers une souveraineté sanitaire du continent.

Prudence sur les délais

Un essai de phase 1 évalue la sécurité et la réponse immunitaire sur un petit nombre de volontaires. Il ne dit rien de l’efficacité réelle contre la maladie. Aucune date d’autorisation n’est annoncée à ce stade, et il serait trompeur de présenter ces candidats comme une solution disponible pour l’épidémie en cours.

Le cas importé en France, et le risque en Europe

La France a été concernée directement. Le 24 juin 2026, le ministère de la Santé a confirmé un premier cas d’Ebola sur le territoire national, chez un médecin humanitaire de retour de RDC. Le patient, pris en charge en isolement strict dans un établissement de référence, est sorti d’hospitalisation le 4 juillet. L’OMS a confirmé mi-août l’absence de toute transmission secondaire en France. Plusieurs médias ont rapporté que cinq passagers proches dans l’avion avaient été identifiés puis suivis, une information que le ministère n’a pas détaillée publiquement.

Deux autres cas ont été diagnostiqués en RDC puis évacués vers l’Allemagne pour y être traités, en mai et en juillet, et les deux patients ont guéri. Au total, sur les 4 686 cas confirmés recensés par l’OMS au 12 août, un seul concernait la France et vingt l’Ouganda.

L’ECDC juge la probabilité d’infection pour les personnes vivant dans l’Union européenne et l’Espace économique européen « très faible », tout en reconnaissant des lacunes significatives dans la surveillance et les données épidémiologiques disponibles. L’OMS, de son côté, continue de déconseiller toute restriction aux voyages et au commerce avec les pays touchés. En France, le Centre national de référence des fièvres hémorragiques virales, coordonné par l’Institut Pasteur et basé à Lyon, assure la confirmation diagnostique et le séquençage des souches en cas de suspicion.

Nous ne serons en sécurité que lorsque la transmission aura été stoppée partout.

Jean Kaseya, directeur général d’Africa CDC

Questions fréquentes

Existe-t-il un vaccin contre l’Ebola qui circule en RDC ?

Non, pas de vaccin homologué contre l’espèce Bundibugyo. Le seul vaccin Ebola autorisé, Ervebo, cible la souche Zaïre. Il est utilisé depuis le 27 août pour protéger des soignants et devrait être évalué dans un essai randomisé, mais son efficacité contre Bundibugyo n’est pas établie.

Cette épidémie peut-elle atteindre la France ?

Des cas importés isolés sont possibles, comme celui de juin, et le dispositif français est conçu pour les prendre en charge. Une épidémie installée en France est en revanche jugée très improbable : la transmission exige un contact direct avec les liquides biologiques d’un malade symptomatique, et l’ECDC évalue le risque pour l’Union européenne comme très faible.

Pourquoi la létalité est-elle si élevée ?

La létalité brute de 46,8 % rapporte les décès aux cas confirmés à un instant donné. Elle est influencée par l’absence de traitement spécifique, par la détection tardive de nombreux malades et par un accès aux soins entravé par le conflit. Elle n’est pas directement comparable aux létalités de flambées mieux prises en charge.

Quand cette épidémie se terminera-t-elle ?

Personne ne peut le dire. Une épidémie d’Ebola est officiellement close après 42 jours sans nouveau cas confirmé à partir du dernier patient guéri, comme cela vient d’être le cas en Ouganda. En RDC, la courbe n’étant pas encore inversée fin août, ce décompte n’a pas commencé.

Ce qu’il faut surveiller dans les prochaines semaines

Trois indicateurs méritent l’attention. Le nombre hebdomadaire de nouveaux cas d’abord : tant qu’il reste autour de 500, la riposte court derrière l’épidémie. La proportion de contacts effectivement suivis ensuite, remontée à plus de 82 % fin août, qui mesure la capacité des équipes à voir venir les cas plutôt qu’à les découvrir à l’hôpital. Le financement enfin, puisque les moyens actuels ne couvrent qu’une partie du plan humanitaire et arrivent à échéance dans un horizon de quelques semaines.

La comparaison avec l’Ouganda a valeur de test grandeur nature : les outils fonctionnent lorsqu’on peut les déployer. La question posée à la communauté internationale n’est donc plus technique, elle est logistique et financière. Et elle se joue dans une région où l’accès aux populations dépend autant des routes que de la sécurité.

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