Joueuses de basket lors d’un match en salle

Mondial féminin de basket 2026 : les Bleues qualifiées en quarts, ce qui les attend à Berlin

Les Bleues n’ont pas eu besoin d’attendre le dernier match de poule. En dominant la Corée du Sud 95-69 samedi 5 septembre à Berlin, l’équipe de France féminine de basket a validé sa qualification pour les quarts de finale de la Coupe du monde 2026 dès sa deuxième rencontre. Mieux : grâce à ses deux succès et à un différentiel cumulé de 72 points, elle est d’ores et déjà assurée de terminer première du groupe B, quoi qu’il arrive lundi face au Nigeria. Vice-championnes olympiques à Paris en 2024, les joueuses de Jean-Aimé Toupane visent ouvertement le podium d’une compétition où la France n’a décroché qu’une seule médaille en soixante-treize ans. Voici où en est ce Mondial, ce que valent vraiment les Bleues et ce qui les attend d’ici la finale du 13 septembre.

Ce qu’il faut retenir de France, Corée du Sud

Le scénario a d’abord ressemblé à un piège. Adroites de loin dès l’entame, les Sud-Coréennes ont mené 31-24 après dix minutes, avant d’infliger un 14-0 au retour sur le parquet pour porter leur avance à 38-31. La France, bousculée sur les remontées de balle et coupable de 12 ballons perdus en une mi-temps, a mis un quart-temps et demi à trouver la parade. Le basculement est venu de la défense : interceptions, transitions rapides, et un troisième quart-temps conclu sur un avantage de 24 points (76-52) qui a définitivement éteint la rencontre.

Sur le plan comptable, trois joueuses ont tiré leur épingle du jeu. Marine Johannès a signé 17 points, Dominique Malonga 14 points et 5 rebonds, la capitaine Gabby Williams 14 points et 3 interceptions. Valériane Ayayi a ajouté 8 points et 8 rebonds. En fin de match, Jean-Aimé Toupane a pu offrir du temps de jeu à Aminata Gueye et Romane Bernies, un détail qui compte dans un tournoi ramassé sur dix jours où la fraîcheur physique pèsera lourd.

95-69la victoire française face à la Corée du Sud, le 5 septembre
8joueuses de WNBA dans les 12 Bleues sélectionnées
1seule médaille mondiale dans l’histoire du basket féminin français
Temps mort d’une équipe de basket devant le public
Photo d’illustration. La Berlin Arena, principale salle du tournoi, compte 14 000 places. Photo : RODOLPHE ASENSI / Pexels

Groupe B : pourquoi la première place est déjà acquise

Le règlement de la FIBA attribue 2 points par victoire et 1 point par défaite. Après deux journées, la France compte donc 4 points, devant la Corée du Sud et la Hongrie (3 points chacune) et le Nigeria (2 points). Comme les Bleues récupéreront au minimum un point lundi contre le Nigeria, elles finiront à 5 points au moins. Or la Corée du Sud et la Hongrie, qui s’affrontent le même jour, ne peuvent pas dépasser ce total : la gagnante montera à 5 points, la perdante restera à 4.

En cas d’égalité à 5 points, c’est la confrontation directe qui départage. Et la France a battu ses deux rivales européenne et asiatique. La première place du groupe B, celle qui donne un accès direct aux quarts de finale sans passer par le tour de barrage des 8 et 9 septembre, est donc mathématiquement acquise. Le Nigeria, de son côté, est déjà éliminé : avec 4 points au maximum et deux défaites en confrontation directe face à la Hongrie et à la Corée du Sud, la championne d’Afrique en titre ne peut plus accrocher la troisième place.

Groupe B, résultats et classement au matin du 6 septembre 2026
Équipe Matchs Résultats Points
France 2 99-53 contre la Hongrie, 95-69 contre la Corée du Sud 4
Corée du Sud 2 99-81 contre le Nigeria, défaite contre la France 3
Hongrie 2 défaite contre la France, 71-67 contre le Nigeria 3
Nigeria 2 deux défaites 2

À vérifier

Les chiffres et classements présentés ici sont arrêtés au matin du dimanche 6 septembre 2026. Les groupes C et D disputent leur deuxième journée ce dimanche et la troisième journée de tous les groupes se joue le lundi 7 septembre : les classements, et donc l’identité des adversaires en phase finale, peuvent encore évoluer sensiblement. Les résultats officiels et les feuilles de match sont consultables sur le site de la FIBA.

Une entrée en matière étouffante contre la Hongrie

La qualification s’est en réalité largement jouée dès le vendredi 4 septembre. Face à une Hongrie de retour au Mondial pour la première fois depuis 1998, la France a déroulé : 99-53, soit le plus large écart de la première journée du tournoi. Le ton est donné dès les premières minutes avec un 16-0 infligé aux Hongroises, puis un avantage de 18 points au terme du premier quart-temps (29-11).

La statistique la plus parlante n’est pas le score mais les 25 passes décisives distribuées sur la rencontre. Pour un groupe assemblé à la dernière minute, c’est le signe que les automatismes offensifs ont survécu à une préparation quasi inexistante. Dominique Malonga y avait ajouté 17 points, 10 rebonds et 2 contres, Gabby Williams 17 points pour sa première sélection en tant que capitaine, Marine Johannès 17 points également.

On veut une médaille, sinon nous ne serions pas venues ici.

Gabby Williams, capitaine de l’équipe de France, avant le tournoi

Huit joueuses de WNBA et une préparation express

C’est la singularité de cette sélection : huit des douze Bleues évoluent cette saison en WNBA, dont le championnat américain bat encore son plein. Valériane Ayayi, Pauline Astier, Marine Johannès, Leïla Lacan, Carla Leite, Dominique Malonga, Janelle Salaün et Gabby Williams ont rejoint Berlin les unes après les autres, au fil de leurs obligations de club. Le groupe n’était au complet que depuis le début de la semaine précédant le tournoi, avec une seule véritable répétition générale, une victoire 83-54 contre la Chine le 1er septembre.

Céline Dumerc, manageuse générale des Bleues, y voyait surtout un motif de satisfaction : selon elle, avoir huit joueuses en WNBA prouve la qualité de la formation française. Reste que l’exercice est inhabituel pour un staff, qui doit installer un système de jeu en quelques séances. La suite du tournoi dira si cette absence de rodage se paie au moment des matchs à élimination directe, quand les défenses se resserrent et que le rythme change.

Les 12 joueuses françaises retenues pour le Mondial 2026
Joueuses évoluant en WNBA Autres joueuses retenues
Pauline Astier Marième Badiane
Valériane Ayayi Romane Bernies
Marine Johannès Aminata Gueye
Leïla Lacan Migna Touré
Carla Leite
Dominique Malonga
Janelle Salaün
Gabby Williams (capitaine)

Le point faible assumé : la raquette

Le sujet est identifié depuis l’annonce de la liste, le 29 août. Sur douze joueuses, seules trois sont de véritables intérieures : Dominique Malonga, Marième Badiane et Aminata Gueye, ces deux dernières annoncées à 1,90 m. Pour compenser, Jean-Aimé Toupane compte sur la polyvalence de Janelle Salaün et de Valériane Ayayi, capables de tenir le poste 4. C’est un choix cohérent avec le basket rapide et mobile que veut imposer la sélection, mais il repose sur un équilibre fragile.

Ce que le match contre la Corée du Sud a révélé

Face à une équipe qui jouait petit et vite, la France a marqué relativement peu de points dans la peinture en première période, un signal à surveiller contre des adversaires plus grandes. Le troisième quart-temps a montré l’inverse : quand la défense française met de l’intensité et déclenche des transitions, la question de la taille devient secondaire. Le vrai risque est ailleurs : une blessure d’une intérieure réduirait immédiatement les possibilités de rotation. La Coupe du monde 2026 a déjà fait des dégâts de ce type, l’Australienne Alanna Smith ayant dû quitter le parquet sur une cheville tordue dès la première journée.

Joueuse de basket en dribble sur un terrain
Photo d’illustration. Le nouveau format condense 36 matchs en dix jours de compétition. Photo : Tima Miroshnichenko / Pexels

Le nouveau format à 16 équipes, mode d’emploi

Cette édition inaugure une formule élargie. La Coupe du monde féminine repasse de 12 à 16 équipes, un plateau qu’elle n’avait plus connu depuis 2018, avec quatre groupes de quatre. Le premier de chaque poule file directement en quarts de finale. Les deuxièmes et troisièmes disputent un barrage à élimination directe les 8 et 9 septembre. Les quatrièmes rentrent à la maison. Au total, 36 matchs sont programmés en dix jours, répartis entre la Berlin Arena (14 000 places) et la Max-Schmeling-Halle (9 000 places).

Le calendrier de la phase finale à Berlin
Étape Date Précision
Troisième journée de groupes lundi 7 septembre Nigeria, France à 14h30
Barrages d’accès aux quarts 8 et 9 septembre deuxièmes contre troisièmes de groupes
Quarts de finale jeudi 10 septembre la France y est déjà qualifiée
Demi-finales samedi 12 septembre
Match pour la 3e place et finale dimanche 13 septembre Berlin Arena

Conséquence directe pour les Bleues : elles disposent d’une journée de récupération supplémentaire par rapport aux équipes passées par le barrage. Dans un tournoi aussi comprimé, avec un effectif arrivé sans préparation, l’avantage n’a rien d’anecdotique. Le nom de leur adversaire en quart de finale ne sera connu que le 9 septembre au soir, à l’issue des barrages.

Team USA, Espagne, Belgique : la carte des prétendantes

Les États-Unis restent la référence. Championnes olympiques, victorieuses des quatre dernières Coupes du monde et invaincues dans la compétition depuis 2006, elles ont lancé leur tournoi par un 94-61 sans appel contre la Chine, avec 14 points et 10 passes décisives de Caitlin Clark et 14 points de Paige Bueckers. Leur groupe est toutefois moins expérimenté que d’habitude, privé d’A’ja Wilson et de Kelsey Plum, et il compte neuf joueuses qui découvrent un Mondial.

La France, c’est un immense concurrent. Ça s’est joué d’un rien aux Jeux olympiques.

Napheesa Collier, intérieure de Team USA, à Berlin

Derrière, l’Espagne était présentée comme la principale rivale européenne des Bleues, qu’elle avait éliminées en demi-finale de l’Euro 2025. Elle vient pourtant de subir la sensation du tournoi : une défaite 82-73 contre le Mali samedi, portée par Sika Koné (19 points, 10 rebonds) et Djeneba N’Diaye (19 points). Avec 18 % de réussite à trois points, les Espagnoles ont vécu une soirée noire qui relance complètement le groupe A. La Belgique d’Emma Meesseman et Julie Vanloo, double championne d’Europe en titre, a de son côté parfaitement lancé son tournoi (89-75 contre la Turquie). L’Australie, médaillée de bronze à Paris, et la Chine, vice-championne du monde 2022, apparaissent un cran derrière.

À retenir

Le Mondial 2026 a déjà livré deux enseignements. D’abord, le nouveau format à 16 équipes ouvre la porte aux surprises : le Mali a battu l’Espagne, le Japon a passé la barre des 100 points contre les Maliennes, la Hongrie a signé sa première victoire mondiale depuis 28 ans. Ensuite, la hiérarchie annoncée avant le tournoi, avec les États-Unis premiers et la France deuxième au classement de puissance publié par la FIBA, n’a pour l’instant pas été démentie en haut de tableau.

Un entraîneur donne ses consignes à une équipe féminine de basket
Photo d’illustration. Jean-Aimé Toupane compose avec seulement trois intérieures de métier. Photo : cottonbro studio / Pexels

1953, le plafond de verre des Bleues

C’est le paradoxe de cette équipe de France. Régulièrement sur le podium européen, vice-championne olympique il y a deux ans, elle n’a jamais transformé l’essai au niveau mondial. Sa seule médaille en Coupe du monde reste le bronze conquis en 1953, pour sa toute première participation. Berlin 2026 est sa douzième participation. Et selon le décompte établi par Basket USA, toutes ses campagnes depuis 2002 se sont arrêtées au stade des quarts de finale.

Autrement dit, se qualifier pour les quarts, ce que les Bleues viennent de faire en deux matchs, ne constitue pas en soi une performance : c’est précisément le niveau qu’elles atteignent systématiquement depuis vingt-quatre ans. L’enjeu du 10 septembre est donc autant psychologique que sportif. Franchir ce tour ouvrirait la voie à une première médaille mondiale depuis soixante-treize ans, et le tableau berlinois offre une configuration favorable : selon la formule publiée par la FIBA, les États-Unis et la France sont placés dans des moitiés de tableau différentes et ne pourraient se croiser qu’en finale.

Ce que dit le palmarès des favorites

Meilleures performances mondiales des principales prétendantes
Sélection Meilleur résultat en Coupe du monde Participations
États-Unis championnes du monde à onze reprises 19e
Australie championnes du monde en 2006 17e
Chine finalistes en 1994 et 2022 12e
Espagne finalistes en 2014 8e
Belgique quatrièmes en 2018 3e
France troisièmes en 1953 12e

Calendrier, diffusion et questions fréquentes

Tous les matchs de l’équipe de France sont diffusés gratuitement. Le groupe TF1 a retenu TFX, TMC et sa plateforme TF1+ pour la phase de poules, et prévoit de proposer en clair le quart de finale, la demi-finale et l’éventuelle finale des Bleues. beIN Sports diffuse l’intégralité de la compétition, tandis que la FIBA propose l’ensemble des rencontres via sa plateforme Courtside 1891. Les commentaires sont assurés sur TF1 par Grégoire Margotton et Sarah Michel Boury, ancienne capitaine des Bleues et médaillée d’argent à Paris en 2024.

Quand joue la France son prochain match ?

Le lundi 7 septembre à 14h30, contre le Nigeria, pour le compte de la troisième journée du groupe B. Le résultat n’aura aucune incidence sur le classement final du groupe, mais il permettra à Jean-Aimé Toupane de faire tourner son effectif avant les quarts.

Contre qui les Bleues joueront-elles en quart de finale ?

L’adversaire ne sera connu qu’après les barrages des 8 et 9 septembre. Le quart de finale est programmé le jeudi 10 septembre.

Pourquoi la France n’a-t-elle pas à disputer de barrage ?

Parce que le nouveau format qualifie directement le premier de chaque groupe pour les quarts. Les deuxièmes et troisièmes doivent passer par un match couperet supplémentaire, ce qui allonge leur calendrier et raccourcit leur temps de récupération.

Où se joue la finale ?

À la Berlin Arena, le dimanche 13 septembre, précédée du match pour la troisième place.

Mise en garde

Une qualification en quarts n’est pas une médaille. Le tirage des barrages peut placer sur la route des Bleues une équipe en confiance, et le Mondial 2026 a déjà montré qu’aucun résultat n’était acquis, l’Espagne l’a appris à ses dépens face au Mali. Les projections de podium relayées avant le tournoi restent des projections : elles n’engagent que ceux qui les publient.

Il reste huit jours de compétition et, pour la France, trois matchs au maximum avant la finale. Le premier rendez-vous décisif tombe le 10 septembre. Ce jour-là, les Bleues joueront moins une qualification qu’une habitude : celle de s’arrêter là depuis 2002.

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